Le 15 septembre 2026, depuis une semaine, les enfants ont retrouvé le rythme de l’école, le séisme de Tonnay-Charente n’a pas encore touché Saint-Malo (voir ici). Une nouvelle fois notre ville fait exception, la routine se poursuit.
Pollution de l’air, la routine malouine
Le 12 septembre 2026, dans la nuit, un pic de concentration fait passer de 10 µg/m3 à 180 µg/m3 l’ammoniac dans l’air. Le lendemain, aux mêmes heures, un pic de 140 µg/m3 est enregistré sur le site de Rocabey éloigné de plus 1,5 km des usines Timac-Agro.
Ailleurs en Bretagne, sur le site de Kergoff, la station rurale du centre Bretagne et sur le site de Mordelles, près de Rennes, rien à signaler.
Pendant ces deux jours, le vent s’est établi au sud-sud-ouest avant minuit, puis a fait complètement demi-tour entre 11 h et 14 h pour de nouveau tourner en début de nuit. Dès que le vent tourne au nord, nord-est ou nord-ouest, le pic d’ammoniac disparaît du site de Rocabey.
L’activité qui provoque cette pollution a-t-elle cessée ? Le vent, qui a changé de direction, emporte-t-il toute la pollution vers des quartiers où il n’existe pas de mesures, ou de mesures rendues publiques ?
Ce scénario de vent et de pollution est courant à Saint-Malo. Il est identifié depuis longtemps par les habitants qui lui associent le panache de fumée aperçu, souvent la nuit, au-dessus des usines du groupe Roullier. À la fin des années 2010, les relevés des capteurs installés dans différents quartiers de la ville par Osons ! ont permis de constater, aux mêmes périodes, des pics de particules fines 2.5. Depuis, ces éléments sont confirmés par les mesures officielles. Mieux, la relation entre pics de particules fines et pics d’ammoniac est constatée depuis que le taux d’ammoniac est mesuré dans l’air. Mais, rien, c’est la routine malouine.
Organisation de l’opacité, vive les commissions
Une nouvelle fois, notre ville fait exception
En 2020, le préfet a créé une commission dite « de suivi de site » dans le but de mettre en place une certaine transparence. À l’époque, nous aurions préféré une transparence certaine, et nous avons publié ceci https://osons-a-stmalo.com/quand-on-veut-enterrer-une-decision-on-cree-une-commission-clemenceau-1841-1929/ . Six ans après, la population ne risque pas l’overdose d’information. Seul un compte rendu d’une réunion, en général annuelle, est publié sur le site des services de l’État, inconnu de la plupart des Malouines et Malouins.
En 2026, la leçon a été bien comprise par l’exécutif de l’agglomération. Et, comme la commission du préfet fonctionne si bien, il est temps pour l’agglomération de disposer de sa propre commission. Le président Lurton l’a annoncée, l’a fait décider et s’apprête à la réunir. Nous devrions y retrouver à peu près les mêmes acteurs, des services de l’État, aux associations, celles et ceux qui se retrouvent régulièrement dans les différentes structures, comme Air-Breizh, le Coderst, https://osons-a-stmalo.com/timac-les-dessous-dune-promenade-de-sante-au-coderst/
Une commission, deux commissions. Mais que vont-elles faire ?
Au cours des 12 dernières années, nous avons constaté nos désaccords avec les services de l’État. Des divergences d’interprétation, sur la gravité de la pollution, sur les dangers potentiels et la réalité des moyens mis en œuvre pour les combattre. Même la conformité de l’application des lois et règlements appliqués aux usines Timac-Agro pose question. Rien ne change, la procédure utilisée, il y a quelques mois, pour régulariser les 14 000 m² des six entrepôts sur le port en est l’illustration.
Notre crainte est que cette nouvelle commission ne remplisse que trop bien son rôle, perdre son temps a reposé les mêmes questions que les commissions précédentes, sans y répondre. Aussi partant du principe qu’une association n’a pas à se contenter du commentaire sur un programme de travail décider sans elle, nous avons anticipé pour lui faciliter la tâche de tous. Nous avons imaginé un programme de travail pour la commission en plusieurs points dont vous retrouvez ici les premiers éléments.
Prendre exemple sur Tonnay-Charente pour mieux protéger nos enfants
Nous l’avons déjà écrit : les résultats de Tonnay-Charente ne valent pas pour Saint-Malo.
Mais l’industrie est la même, les process sont les mêmes, les pollutions sont les mêmes, du cadmium et de l’arsenic ont été mesurés en excès importants dans les poussières vers l’ancien collège Surcouf et dans les sédiments du port.
Les résultats de Tonnay-en-Charente sont catastrophiques, il est temps de cesser le déni et de travailler.


![enbretagne,saint-malo,leshabitantsdnoncentlespratiquesdunfabric[1]](https://osons-a-stmalo.com/wp-content/uploads/2020/09/enbretagnesaint-maloleshabitantsdnoncentlespratiquesdunfabric1-1-110x80.jpg)
