
Entre les points de captage et nos robinets, le chemin est plus court qu’entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. Mais malgré le beau temps les débuts de l’épreuve du Rhum 2026 sont fracassants, rien n’indique qu’il y aura moins de casse lors de l’épreuve de l’eau qui nous concerne tous. Rien n’indique, non plus, que la mobilisation des collectivités sera aussi importante.
Un peu d’eau dans votre rhum SVP
À Saint-Malo, pour les citoyens, l’information sur la sécheresse se limite à la presse et à la publication de l’arrêté préfectoral du 14 août 2026. Recherchant des informations sur le site internet de la mairie, vous aurez droit à cette réponse (ci-dessous) qui se fraie difficilement un passage entre les actualités de la Route du Rhum.
Quant au site de Saint-Malo agglomération, ce n’est pas mieux. Dans les deux cas, les nouvelles fraîches datent du début août 2026.
En revanche, rien sur le risque de possibles coupures d’eau dans le cadre d’un plan ORSEC Eau potable s’il ne pleut pas suffisamment comme l’évoquent par certains médias.
Visiblement il était plus urgent de communiquer sur le rhum que sur l’eau et cela risque de durer un peu.
Le grand bazar
C’est sans plus d’informations détaillées, que les abonnés malouins ont reçu, à plusieurs reprises, des emails provenant de la Régie Malouine de l’Eau les incitant à limiter leur consommation journalière d’eau potable en raison de la crise sécheresse. En juillet, le président du syndicat de Beaufort s’est exprimé sur des quantités journalières auxquelles chaque abonné devrait se restreindre (nous y reviendrons dans un autre article), mais rien d’officiel.
L’arrêté préfectoral du 14 août 2026 comme le communiqué du 19 octobre 2026, (voir ici) n’indiquent aucune limitation au robinet des consommateurs pour les usages alimentaires ou d’hygiène. Ils ne donnent aucune indication contraire au code de la santé publique qui décrit :
« La quantité suffisante d’eau destinée à la consommation humaine au sens de l’article L1321-1A est comprise, selon la situation des personnes, entre cinquante et cent litres d’eau par personne et par jour disponible au domicile ou dans le lieu de vie des personnes (…) »
Par ailleurs, les préconisations d’économies d’eau dans des établissements scolaires semblent incompatibles avec les règles de base de l’hygiène, publique, notamment pour l’évacuation des eaux des toilettes collectives et une bonne hygiène des mains. Quid des contraintes des établissements recevant du public, notamment pour la restauration collective et l’hébergement.
En gros, c’est le grand bazar, il semble que les différents responsables se préfèrent lanceurs d’alerte plutôt que décideurs et la transparence n’est pas au rendez-vous.
La transparence de l’eau
Dans quelle situation règlementaire sommes-nous, ce matin 3 novembre 2026 ? L’arrêté préfectoral du 10 août est obsolète depuis le 31 octobre 2026. Quelle répartition entre l’eau pour vivre et l’eau pour la production ou les loisirs ? Qui finance ? Qui sera impacté par des restrictions ? Comment se sont préparés les collectivités aux difficultés d’aujourd’hui ?
Le 21 octobre 2026 en suspendant la délibération révisant le PLU de Saint-Malo, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a considéré que les enjeux relatifs à la ressource en eau potable du territoire sont insuffisamment pris en compte pour l’évolution de la population prévue, ce qui est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de cette révision.
Cette insuffisance, ce doute, sont-ils applicables à l’ensemble de la gestion de l’eau ?
Pour toutes ces raisons, Osons ! et les habitants de Saint-Malo réclament en urgence une réunion publique pour des explications officielles sur l’état actuel et à venir de leur alimentation en eau potable.




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